Il était une fois le café

 

Il était une fois l'étonnante aventure d'un petit arbuste, né en paradis éthiopien, dont le marché étaient contrôlé par les commerçants arabes. En 1686, le premier établissement appelé "café" est ouvert, rue des Fossés-St-Germain (Ancienne-Comédie). En 1690, les Néerlandais réussissent à subtiliser quelques plants de caféiers à Moka, brisant ainsi le monopole arabe. Ils les installent dans leurs colonies. Après la paix d'Utrecht (1714), Louis XIV reçoit des Néerlandais un plant baptisé Jasminium arabicum par Antoine Jussieu, botaniste du roi. Il n'eut de cesse, et sans succès, de transplanter cette nouvelle culture dans les colonies.

 

Antoine de Jussieu envoya au jardin de M. Bégon, botaniste à Rochefort, deux plants de caféier. Ce jardin était alors un relais pour les plantes exotiques collectées au cours des grandes expéditions scientifiques et destinées au jardin du Roy. Les arbrisseaux furent installés dans une caisse de chêne, surmontée d'un châssis vitré, préfigurant ainsi les premières serres portatives. André Thouin s'en inspirera pour l'expédition de La Pérouse. Nathaniel Bagshaw Ward en fit une serre portative connue sous le nom de boîte wardienne.

 

Un jeune Dieppois, Gabriel de Clieu, se vit confier la précieuse mission d'aller planter le caféier sous les tropiques. Cet officier de marine avait le souci constant des îles et cherchait une nouvelle source d'économie. Gabriel de Clieu était pénétré de l'importance de sa mission. Il jura qu'il préférerait mourir de soif le premier plutôt que de négliger d'arroser les plants. Fin 1720, la flûte Dromadaire quitta Rochefort pour les Antilles, avec, à son bord, une centaine d'hommes d'équipage et quelques colons. Une violente tempête attendait Le Dromadaire à quelques centaines de lieues de la Martinique. A la tempête succéda un calme plat qui dura deux semaines. Il fallut rationner l'eau. L'un des deux caféiers périt. Enfin le vent se leva, conduisant le bateau jusqu’à la rade de St-Pierre-de-la-Martinique.

 

La culture du café eut d'autant plus de succès que les cacaoyers moururent ; la canne à sucre et le tabac subirent de grands dégâts, et le caféier se trouva être la planche de salut après le naufrage. Convaincu des avantages commerciaux que l'on pouvait retirer du commerce du café, M. de Maurepas ministre de la Marine, favorisa les efforts de Clieu. Ce n'est qu'à partir de 1730, dix années après, que commencèrent les premières exportations de café de la Martinique. Les récoltes furent de plus en plus abondantes et ne tardèrent pas à alarmer la Compagnie des Indes. Louis XV les écouta et créa des entrepôts dans divers ports français, dont Marseille, Bordeaux, Le Havre, destinés à recevoir le café des Antilles. Vingt-trois ans plus tard, après des demandes maintes fois renouvelées, Gabriel de Clieu, put fonder Pointe-à-Pitre. Le 26 octobre 1750, Louis XV lui donnera, outre ses fonctions aux Isles sous le vent, le gouvernement de la Martinique. En décembre, Clieu recevra une caisse de curiosité : dans la caisse, des graines de mûriers pour les vers à soie. L'immense succès des caféiers avait redonné espoir pour la production de la soie.

 

"Le café se multiplia à la Martinique avec un immense succès et une très grande rapidité. Gabriel de Clieu, ce vertueux citoyen, aura joui, jusqu'à sa mort, en 1774, du bonheur si rare d'avoir sauvé une colonie importante en l'enrichissant d'une branche nouvelle de l'industrie" (Raynal).

 

Alex Humboldt, C.S. Kunth et Bonplant créèrent en son honneur un nouveau genre botanique : les DeClieuxias.

 

Françoise Lenoble-Prédine

Rosa Rosa Rosam Rosea, l’Orléanais terroir de roses (deux parties)

 

Botanistes, géologues, archéologues, préhistoriens et linguistes ont encore beaucoup d'enquêtes à mener pour retracer les pérégrinations de la rose à travers le temps et le vaste monde. Des fossiles témoignent de sa présence sur terre quarante millions d'années avant la présence de l'homme. Fragile, éphémère, évanescente, la rose a ainsi survécu aux glaciations et aux catastrophes naturelles les plus terrifiantes pour arriver intacte jusqu'à nous. Déjà Nabuchodonosor, roi de Babylone décorait abondamment ses palais avec des roses alors que la Perse voisine tirait déjà de cette reine des fleurs des huiles parfumées. La célèbre Cléopâtre recevra son amant Antoine sur un tapis de roses.

 

Mais l'essor de la rose viendra vraiment du Proche Orient où les Arabes pousseront le raffinement jusqu'à laver le sol et les murs des mosquées reprises aux croisés avec l'eau de rose, pour les purifier. Les croisés partis défendre leur religion en Orient découvriront l'art de vivre raffiné de ces peuples imaginés barbares. Le Comte Thibaut de Champagne très lié d'amitié avec la Reine Alice souveraine de l'Ile de Chypre ne se décidait pas à quitter cet oasis de roses qui ressemblait si peu à celle de son propre royaume. Ainsi fut introduite la célèbre rose de Provins ou de Phénicie à son retour en France.

 

Saga permanente de ces roses à mille facettes et parfums ! Qui peut à présent continuer, par exemple, à ne voir dans "La Belle sultane" qu'une simple rose gallique à deux rangs de pétales rouge carmin quant on découvre l’aventure inédite de celle à qui on donna ce nom, Aimée Dubucq. Enlevée par les barbaresques, elle devint sultane et tomba comme sa cousine, Marie Joseph Rose Tascher de la Pagerie appelée Joséphine, Vicomtesse de Beauharnais amoureuse des roses.

 

C’est ainsi que l’on découvre dans le numéro 116 d’Hommes et Plantes le deuxième chapitre de la saga époustouflante des roses de l’Orléanais (la première partie est dans le numéro 114) . À dévorer avec gourmandise ce terroir de roses comme l’écrivait joliment le Guide des provinces de France en 1950 : « Dès les abords d’Orléans, la Loire pénètre en pays de roseraies, les roses des pépinières d’Orléans sont parmi les plus délicates de ton, les plus fines de parfum… ».

 

Et si vous voulez en savoir plus sur toutes les roses des terroirs français, vous pouvez découvrir tous les articles écrits ce jour dans Hommes et Plantes dont certains numéros sont épuisés.

 

FLP

Au fil du Val de Loire, patrimoine mondial de l’UNESCO

Si le lys est Roi, la Rose est reine

 

Partager, échanger, être solidaire de son territoire et de ses habitants !

Réduire son empreinte écologique tout en découvrant et faisant découvrir un patrimoine reconnu du monde entier !

Cette aventure humaine implique de voir autrement ce fleuve sauvage, tumultueux, majestueux, capricieux appelé Loire.

La Loire est une véritable « école » de la vie offerte par la nature : berges régulatrices aux écosystèmes mouvants selon les graines dérivantes au fil de l’eau ou apportées sur les pattes des oiseaux, îles émergentes selon les bancs de sable dont l’ancrage se faitgrâce aux plantes conquérantes, terres fertiles grâce à son débordement saisonnier laissant un limon favorable à l’agriculture…

 

Pour l’homme ce n’est pas un combat contre la nature, mais un mode de vie approprié au milieu et aux conditions géographiques et historiques du Val de Loire.

 

Nature sauvage, nature apprivoisée par la main de l’homme, le Val de Loire reste un grand livre ouvert en perpétuelle évolution au rythme du cordon de vie de son fleuve : axe économique, paysager, patrimonial, culturel et social…

 

Si le patrimoine bâti prestigieux ou vernaculaire est reconnu à l’échelle régionale, nationale et européenne, le patrimoine végétal vivant, apportant pourtant sa touche inestimable de sensibilité, ambassadeur de la chaîne du monde du vivant n’est pas reconnu dans toutes ses dimensions humaines, sociales, économiques et culturelles.

Des jardins remarquables à la française au paysage, des jardins botaniques aux collectionsvégétales labellisées par le CCVS (Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées), ce Patrimoine Végétal Vivant est méconnu, sinon oublié de la mémoire collective.

 

Or ce patrimoine végétal vivant est le sang même qui bat dans les veines du patrimoine bâti. La plante est la première compagne de l’homme. Par son déchet oxygène elle a apporté la vie sur terre. Elle le nourrit, le soigne, le parfume, l’abrite… Ce lien entre les Hommes et les Plantes, ce compagnonnage depuis la nuit des siècles, ce patrimoine vivant doivent être reconnus à égalité de la reconnaissance de celui du patrimoine bâti.

 

Il est temps de « tisser » trames vertes et bleues, sentes patrimoniales et « naturelles » en s’appuyant sur des chaînes du monde de la plante,où jardins botaniques, arborétums et collections doivent trouver toute leur place.

 

Françoise Lenoble-Prédine

Les roses polonaises en héritage

 

Depuis quelques années, la Pologne occupe une place de choix dans l'horticulture européenne, notamment pour les rosiers, les arbres fruitiers et les clématites. C'est la continuation d'une tradition bien ancrée localement.

L'article sur les roses polonaises dans le numéro 113 retrace ce développement depuis la seconde partie du XIXème siècle. Des liens sont établis entre le CCVS et les collectionneurs de roses en Pologne. Les échanges s'annoncent fructueux. La co-auteure de l'article sur les roses polonaises a été stagiaire au jardin botanique de la ville de Paris..

 

Les roses ont toujours séduit un grand nombre d'amateurs éclairés, entre les hybrideurs. les créateurs et les collectionneurs. Voici ceux que vous pouvez trouver dans les différentes revues d'Hommes et Plantes. 

Les orchidées du Sénat

 

Le CCVS se mobilise pour labelliser les collections. Un an à rattraper il ne faut pas chômer.

Après le Conseil d’Administration  fructueux et dense du 23 juin, les membres du comité des collections ont été revisiter la belle collection d’orchidées au Sénat.

Ambassadrices de la biodiversité, indigènes ou exotiques, au ras du sol ou perchées dans les arbres,elles fascinent toujours autant.

 

Ces belles ont mérité plusieurs articles dans Hommes et Plantes dont deux numéros spéciaux à l’occasion des expositions internationales. Comme autant d’arches de Noé, toutes ces collections d’orchidées ou autres constituent un véritable patrimoine culturel immatériel.

 

FLP

 

Numéro 104 : collections orchidées au jardin du Luxembourg

Numéro 52 : une dynastie d’orchidéistes, un congrès mondial d’orchidées, une famille formidable

Numéro 24 : orchidées miroirs de la biodiversité(épuisé)

Numéro 20 : orchidées de Madagascar et leur culture(épuisé)

Numéro 64 quelques espèces d’orchidées  à découvrir

Numéro 3 : orchidées du jardin du Luxembourg (épuisé)

Numéro 62 : charme discret des oeceoclades (orchidées malgaches)

LES COLLECTIONS :

VIVIERS GÉNÉTIQUES, CULTURELS, THÉMATIQUES

 

EN GUISE DE PRÉAMBULE

 

"Plus vite, plus loin", telle pourrait être la devise des explorateurs botaniques à travers les siècles. L'engouement pour les plantes exotiques règne sans partage depuis le XVIe siècle. Tout ce qui provenait des pays "étrangers" apparaissait doté de pouvoirs mystérieux.

 

Au XVIIIe siècle, s'ouvre une phase d'introduction et de diffusion des plantes nouvelles. Des missions d'explorations scientifiques rapportent en Europe une quantité exceptionnelle d’espèces nouvelles et font progresser la botanique. L’esprit de l’encyclopédie soufflait sur ces navires, véritables cités scientifiques d’avant-garde embarquant cartographes, naturalistes, dessinateurs, botanistes et jardiniers. Il n’est pas exagéré de comparer de telles expéditions à nos aventures scientifiques comme celle de la conquête de l’espace, tant du point de vue de l’ampleur des recherches que de celui des moyens mis en œuvre . Elles n’auraient sans doute pas été possibles sans l’appui de toute l’infrastructure coloniale des comptoirs, jardins botaniques et pépinières, qui ont servi de relais de navigation et de lieux d’acclimatation aux plantes rapportées par les explorateurs.

 

Tout au long des derniers siècles, les relais botaniques eurent une grande influence économique et culturelle sur la santé et le bien être, l’alimentation, les textiles et leurs teintures, le parfum… Comptoirs et relais botaniques à travers le monde se replieront, à l’échelle nationale, vers les jardins botaniques et les collections de plantes.

 

Ces différents viviers génétiques et patrimoniaux (les plantes disparaissent et réapparaissent aussi au grès des modes) constituent un véritable Patrimoine Végétal Vivant dont il faut défendre l’importance, à égalité du patrimoine bâti. Ils représentent de véritables ports pour des plantes venant du monde entier. Pour ceux qui ne pouvaient voyager Car von Linné, grand botaniste suédois du XVIIIème siècle, écrivait : « un jardin botanique (et ses collections ex situ) permet une sorte de voyage immobile, évitant de coûteux voyages…ll y a plus de plantes dans un seul jardin qu’ils n’en poussent de spontanées dans toute l’Europe ».

 

Plantes d’ornements, fruitiers, légumes, plantes médicinales, vignes… pousseront sur les différents terroirs français selon leur nature géologique et leur histoire. Derrière chaque plante c’est la découverte de véritables sagas qui valent bien de nombreux westerns : aventure humaine, de la découverte à l’introduction, à l’acclimatation, à la production, à la distribution, mais aussi à l’accès à cette ressource.

Françoise Lenoble-Prédine

Liste des articles

d'Hommes & Plantes

parlant des roses

- N°1 // Titre article : VIE EN ROSES (LA) - p36 épuisé

- N°4 // Titre article : VEGETAUX ET BAGATELLE (LES) - p20 épuisé

- N°7 // Titre article : COLLECTION, UN JARDIN, LA ROSERAIE DEPARTEMENTALE DU VAL-DE-MARNE A L'HAY-LES-ROSES (UNE) - p31 épuisé

- N°19 // Titre article : ROSE A MILLE VISAGES (LA) - p7

- N°20 // Titre article : ROSERAIE DE BAGATELLE (LA) - p29 épuisé

- N°25 // Titre article : JEAN-LOUIS DESCEMET -p36 épuisé

- N°26 // Titre article : JACQUES-LOUIS DESCEMET, UN ROSIERISTE FRANÇAIS EN RUSSIE (1819-1839) - p41 épuisé

- N°31 // Titre article : NORMANDIE, GRANDE REGION DE CREATION DE ROSES ANCIENNES (LA) - p2 épuisé

- N°36 // Titre article : INTRODUCTION DE LA ROSE BOURBON (L') - p28 épuisé

- N°45 // Titre article : GILBERT NABONNAND, DES ROSES POUR LA COTE D’AZUR - p21 épuisé

- N°46 // Titre article : COLLECTION DE ROSES DE L’ORLEANAIS DANS LES JARDINS D’ORLEANS (LA) - p24

- N°59 // Titre article : NOMS DE LA ROSE (LES) - p44

- N°62 // Titre article : JOSEPH PERNET-DUCHER - p4

- N°72 // Titre article : GRAND ILLUSTRATEUR DU XIXeme SIECLE (UN) - p30

- N°73 // Titre article : ENTRETIEN AVEC THERESE LOUBERT - p4

- N°77 // Titre article : EDOUARD ANDRE - p4

- N°79 // Titre article : ROSES ANCIENNES SAUVEES DE L'OUBLI - p16

- N°81 // Titre article : NOUVELLES COLLECTIONS (2012) - p10

- N°83 // Titre article : VILLAGE JARDIN (UN) - p30

- N°84 // Titre article : AIGUILLONS DE ROSES - p40

- N°85 // Titre article : NOUVELLES COLLECTIONS (2013) - p14

- N°89 // Titre article : PATRIMOINE HORTICOLE LYONNAIS (LE) - p28

- N°93 // Titre article : NOM DE LA ROSE (LE) - p4 épuisé

- N°97 // Titre article : NOUVELLES COLLECTIONS CCVS (2016) - p3

- N°100 // Titre article : ETERNELLES ROSES D'ANJOU - p28

- N°103 // Titre article : NOUVELLES COLLECTIONS DU CCVS LABELLISEES (LES) (2017) - p4

- N°106 // Titre article : ROSIERS DU GRAND SIECLE (LES) - p46

- N°107 // Titre article : ANDRE EVE, UN HOMME, DES ROSES - p27

- N°109 // Titre article : ROSERAIE DE BAGATELLE (LA) - p14

- N°113 // Titre article : ROSES POLONAISES EN HERITAGE (DES) - p24

- N°113 // Titre article : FELICITAS SVEJDA ET LES ROSES DU CANADA - p29

- N°114 // Titre article : NOUVELLES COLLECTIONS CCVS (2020) - p4

- N°114 // Titre article : ORLEANAIS, TERROIR DE ROSES (L') - p45

- N°116 // Titre article : ORLEANAIS TERROIR DE ROSES - DEUXIEME PARTIE (L') -p13